La confusion du jugement
- Mindicia

- 15 avr.
- 2 min de lecture
Je partage ici une réflexion que j’ai écrite en travaillant sur la pensée, notamment à partir de certaines lectures philosophiques.
Aujourd’hui, le jugement est souvent perçu comme quelque chose de négatif. Lorsque l’on dit à quelqu’un “tu juges”, il y a presque toujours une connotation négative, comme si juger était forcément mal.
Mais au fond, qu’est-ce que juger ?
Le jugement peut être compris comme une capacité. C’est le moment où, à la suite d’une réflexion intérieure, on sélectionne certaines pensées plutôt que d’autres. On choisit, parmi plusieurs possibilités, celle qui nous semble la plus juste.
Autrement dit, juger, c’est faire un choix.
On peut alors se demander si, aujourd’hui, le jugement n’est pas mis à distance, comme s’il était préférable de ne pas juger. Si le jugement est perçu comme négatif, il devient plus difficile de l’utiliser, et donc plus difficile de se positionner et d’exprimer une opinion.
Une hypothèse peut être formulée : le jugement est peut-être perçu négativement parce qu’il existe une confusion dans la manière dont il est compris.
Dans une conversation, lorsqu’une personne émet une opinion sur une situation, il peut arriver que l’autre fasse une confusion entre ce qui est dit de la situation et ce qu’il perçoit comme étant dit de lui.
À partir de là, une réaction émotionnelle peut apparaître. La situation n’est plus analysée de manière structurelle, mais interprétée de manière personnelle.
Dans ce contexte, exprimer un jugement devient plus difficile. Si poser un jugement est perçu comme une attaque, on peut en venir à retenir ce que l’on pense. L’opinion devient plus discrète, plus hésitante.
Plusieurs éléments peuvent contribuer à cette difficulté.
Les normes sociales, d’abord, c’est-à-dire les comportements attendus dans une société. Exprimer un jugement peut générer des réactions émotionnelles ou des tensions, ce qui peut être perçu comme inapproprié.
Les valeurs ensuite, qu’elles soient personnelles ou collectives. Ne pas déranger, éviter le conflit ou respecter certaines positions peuvent conduire à limiter l’expression du jugement.
Les croyances collectives également, comme l’idée que juger serait forcément négatif ou que donner son opinion peut déranger.
Enfin, il peut y avoir une absence d’habitude. Si l’on n’est pas encouragé à développer une pensée critique, il devient plus difficile de formuler un jugement et de se positionner.
Dans ce contexte, une distinction peut devenir essentielle : distinguer ce qui est dit d’une situation de ce qui est perçu comme étant dit de soi.
Parce que juger une situation, ce n’est pas juger une personne.
Et si cette distinction est faite, il devient possible d’observer la situation de manière plus objective, de mieux comprendre ce qui se joue et, peut-être, de faire évoluer certaines situations.
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